Il nous fait plaisir de vous annoncer que Mad’moiselle, chanson dans laquelle Séverine a fait une participation comme auteur et chanteuse avec Lester Paredes (compositeur et arrangeur) a été nominé comme vidéo de l’année dans la catégorie Musique du Monde, dans l’édition 2020 des Prix Pepsi Music au Vénézuela.

Nous souhaitons féliciter Carlos Manuel Funes de Letra Sonora, qui avec Alyuri Jimenez, Jhon Waraos et Lester Paredes lui-même, ont produit cette si jolie vidéo.

Si tu n’as pas vu la vidéo, Tu peux cliquer sur ce lien –> Mad’moiselle. Tu peux aussi les encourager et voter sur la page des Prix Pepsi Music.

De Grégory Escobar/@gonzopersona

Ce qui surprend agréablement à propos de Séverine Parent c’est qu’elle ne se présente pas, et de loin, comme une diva qui monopoliserait toute l’attention.

Cela se perçoit dès le sébut même de son concert: la scène de la salle Maria Felix de l’Alliance Française de Polanco à Mexico City offre une ambiance intime, avec un éclairage austère, ténu et uniforme de tous les musiciens.

Le line-up, latino-américainement varié, entre au compte-goutte sur la scène; Francisco “Coco” Díaz (Venezuela) au clavier, Juanjo Gómez (El Salvador) à la guitare, Pablo González Sarre (Mexico) à la basse et Yilmer Vivas (Venezuela) à la batterie et la direction musicale.

Quelques sons électroniques d’ambiance, à la Alan Parsons Project, diluent le silence inconfortable d’une entrée peu cérémonielle. Rapidement, les sons type New Age des années 80 sont envahis violemment par la batterie robuste et imposante de Yilmer Vivas.

C’est ainsi que commence « Né Quelque Part », la chanson parfaite pour ouvrir le programme de la chanteuse française. Les connaisseurs de la pop française auront identifié immédiatement cette reprise du grand succès de Maxime Le Forestier en 1988. La chanson représente la profession de foi absolue du projet de Séverine: une chanson d’une durée pop (moins de 4 minutes) qui peut à peine se contenir tant y sonnent de styles différents. Le choeur adopte une cadence reggae-caribéenne très savoureuse mais la chanson ne cesse pas de naviguer à travers divers genres, entre autres le jazz, le drum and bass accéléré et le punk.

Au centre Séverine rayonne parfaitement comme une talentueuse artiste cherchant à dominer son trac. La chanteuse mène un brillante carrière comme coach vocal (elle a longtemps travaillé comme dépisteur de talents au Cirque du Soleil) cependant ce spectacle est sa première présentation au public de son disque Voyageuse, et c’est une situation complètement inédite pour elle.

Séverine continue à dévoiler une à une ses chansons allant du français à l’espagnol et à l’anglais. Amies est une lettre d’amour à une amie de plus de 30 ans. Le thème commence par une séquence rythmique à la Portishead, qui débouche rapidement sur une chaleureuse chanson pop-rock type Beatles de l’époque Billy Preston (le clavier est fondamental dans cette chanson qui démontre rapidement la chaleur et la puissance de la voix de Séverine).

Petit Être, une berceuse dédiée à son fils adulte, chante en contrepoint étroit avec la guitare. Alas de Cristal commence à révéler son inévitable et nostalgique influence vénézuélienne. Les maracas et le cuatro s’harmonisent parfaitement avec la voix de la française.

Lorsque Séverine ne chante pas, son attention se porte sur les musiciens qu’elle regarde avec admiration et tendresse chaque fois qu’elle le peut. Peu nous importe qu’elle nous tourne le dos, nous le comprenons.

Après avoir reconnu son trac et sa « bouche sèche », Séverine continue son parcours à travers la musique traditionnelle vénézuélienne avec deux solides versions de Criollisima de Luis Laguna et Henry Martínez et la Tonada de Luna Llena de Simón Díaz. Les deux, surtout la Tonada offrent les moments les plus investis de la chanteuse.

Les musiciens abandonnent provisoirement leur place, sauf « Coco » Diaz, lequel accompagne Séverine au piano pour Ocaso, une pièce créée originellement par le guitariste vénézuélien Francisco Fernandez.

Le refrain de la chanson Oubli ressemble complètement à And I Love Her des Beatles, mais avec une progression harmonique qui culmine dans un final au ton déchirant. C’est peut-être le moment le plus vulnérable du programme de Séverine, qui n’est accompagnée finement que par le piano et la basse. Loin d’avoir un accent désespéré, elle traite avec douceur et fermeté la douleur d’aimer une mère qui ne se souvient plus d’elle.

Après en avoir terminé avec « les chansons tristes une fois pour toute », tous les musiciens reviennent sur la scène. Trance est une espèce d’entracte pour Séverine, qui ne peut s’empêcher de danser et de chanter quelques minutes dans ce jam latin-funk avant de disparaître momentanément dans les coulisses. La pièce permet un déploiement absolu du talent des 4 musiciens. Et quel talent!

Séverine revient sur la scène pour la seconde partie de cette nuit de Guataca Nights, avec ses cheveux courts, ses jeans moulants, un tee-shirt blanc attaché sous le nombril et des sandales romaines plates. Sa tenue réaffirme son humilité sur la scène. Pas de vêtement voyant, de coiffure glamour ou de talons hauts. Seulement une attitude tranquille et la confiance en son talent, lequel est franchement captivant. Le subtil trac initial semble s’être estompé complètement. À certains moments Séverine chante avec une main dans la poche sans paraître du tout hautaine. Cela n’est pas à la portée de n’importe qui.

La surprise de la nuit est offerte par la présence de l’auteur-compositeur-interprète chilienne Tita Parra (petite-fille de Violetta Parra). Assurément honorée de pouvoir partager ce moment avec sa « maestra » Séverine – qu’elle a connu précisément dans un séminaire intensif de chant, il y a quelques années- Tita nous offre sa version d’un classique du folklore infantile chilien. El Palomo, sur laquelle Tita et Séverine harmonisent, tout en faisant participer le public, marque le moment le plus tendre du programme.

Le ton positif continue paradoxalement avec Solitude, une chanson sur « l’ambiguïté de la solitude ». Le Changala-Changala addictif et frénétique de la guitare alterne avec le « son » cubain et une base rythmique urbaine. Juanjo Gómez se distingue en outre avec un solo de guitare, lequel tempère inévitablement le rythme de la soirée.

Séverine elle même s’étonne des constants changements de ton de son répertoire. « Wow, un autre changement », affirme-t-elle, avant d’entamer la seule chanson en anglais, Let’s. La pièce nous révèle une Séverine plus passionnée et chuchotante. Avec Lune, une tonada délicate inspirée par le phénomène astronomique de la lune de sang, la vois-x de Séverine évoque la ballade pop-japonaise.

Pour finir la française ne peut éviter un retour à l’influence vénézuélienne en offrant une version unique de la danse zuliana Maracaïbera, de Rafael Rincón González. Yilmer Vivas évoque les tambours traditionnels afro-vénézuéliens et Pablo offre une fantastique solo de basse. Séverine, avec son accent marqué, nous fait sourire en nous rappelant Jane Lynch et sa chanson d’amour guatémaltèque du film « 40 years old Virgin ». C’est un grand succès.

Sous les applaudissements fournis, le bis ne se fait pas attendre. Séverine partage la belle chanson La Révolution des Colibris, extraite d’un projet discographique de SoñArtes, une fondation créée par Séverine et Yilmer consacrée à rapprocher les enfants vénézuéliens sans ressource de la musique.

Séverine, telle l’admirable coach vocal qu’elle est, invite le public – parmi lequel se trouvent quelques-uns de ses élèves – à apprendre et chanter quelques séquences vocales pour obtenir les « 4 Séverine » qui chantent dans Viajera, la chanson qui clôt le disque.

Et ainsi la soirée atteint son point culminant: avec une procession sonore et vocale qui a entrainé l’audience à abandonner son rôle passif, au moins sur deux couplets.

Séverine, simplement, ne peut éviter de démocratiser son énorme talent avec pédagogie. C’est précisément cela qui distingue ce projet: indéniable sagesse, talent, charisme et diversité culturelle offerte de manière accessible et peu affectée.

C’est un fait rare. Et c’est pour cela qu’il nous est impossible de ne pas manifester notre satisfaction et notre agréable surprise.

Par Gerardo Guarache Ocque. Guatacanights.

Séverine Parent a récolté des souvenirs le long du chemin pendant des années. Les expériences, sensations et nouvelles amitiés, ainsi que les sons, images et structures musicales qu’elle a absorbés, se sont mêlés jusqu’à prendre forme de chanson lorsqu’elle s’est assise devant son piano avec plume et papier. L’artiste française ouvre au public cet album personnel de cartes postales sonores de sa vie et l’appelle Voyageuse.

Sur l’album flotte une invitation à rompre ou ignorer les frontières, à se laisser captiver par ce qui est différent et à comprendre que ce qui importe c’est la destination, non l’origine. Séverine chante en 3 langues, voyage entre le jazz et une pop joueuse qui flirte avec la musique world, allant du strictement acoustique aux effets les plus artificiels, presque toujours véhicules de réflexions intimes.

Voyageuse a commencé à se préparer il y a à peu près 3 ans. La chanteuse née à Avignon, dans le sud de la France, tourne à cette époque un page importante de sa vie. Après avoir été coach vocal au Cirque du Soleil, elle déménage de Montréal et commence à arpenter l’Amérique Latine – y compris plusieurs visites au Vénézuela – en organisant des ateliers de chant. Elle en profite pour partager des moments musicaux avec des chanteurs de chaque pays et enregistrer avec eux.

Chaque chanson est radicalement distincte. Par exemple, Amies, qui parle d’une amitié indestructible de plus de 30 ans et qui fait office de porte d’entrée idéale, est un single pur et simple. Une musique pop tressée de sentiments; avec une instrumentation imposante combinée avec l’attraction séductrice qui naît de l’accent. La suit de près Lune, qui décrit une atmosphère différente, solitaire et contemplative; une ballade jazz avec contrebasse et batterie jouée aux balais. Plus loin apparaît Oubli, une composition cicatrisante piano et voix.

Petit être nous invite en un lieu très intime et familier. C’est une berceuse écrite pour un adulte, car elle est dédiée à son fils, qui a maintenant 23 ans mais qui, à ses yeux, reste le petit bébé qu’elle a mis au monde. D’un piano minimaliste il devient un morceau robuste avec batterie, basse et un arrangement de cordes auquel un musicien vénézuélien a contribué, tout en enregistrant les claviers et en se chargeant du mix et du master. Nous parlons ici de Francisco “Coco” Díaz, qui a travaillé entre autres avec Desorden Público.


Séverine a commencé à étudier le piano à 4 ans, et depuis ne s’est jamais arrêtée. Elle a continué avec la clarinette, la musique classique et le jazz, jusqu’à l’âge adulte. Elle a chanté dans des choeurs d’enfants, où elle pouvait chanter des chansons des Beatles, et aussi dans des choeurs de musique de chambre et opéra, qui ont éveillé en elle une fascination pour l’harmonie vocale qui dure encore. La preuve en est Viajera, la chanson qui conclut le disque sur des voix pures, en exprimant des émotions crues sans paroles.

« Je me promène beaucoup, et je regarde les paysages, les monuments, la richesse et la pauvreté, les expressions des visages… J’aime imaginer les histoires derrière chacun d’eux – raconte la chanteuse – la mélodie de Viajera est née ainsi. Pendant que je me promenais, je l’ai enregistrée dans mon téléphone. Ensuite j’ai ajouté une voix. C’est moi qui marche de par le monde, traversant une ville, un village. »

Dans son parler en espagnol, Séverine utilise des mots d’argot vénézuélien qu’elle s’est approprié: « J’ai connu des musiciens arrechisimos – Incroyables ». Elle le dit à propos de “Coco” Díaz et du multi-instrumentiste Léster Paredes, autre vénézuélien, qui depuis 2018 fait partie du Cirque du Soleil. Aussi, du bassiste Pablo González Sarre, mexicain qui fait partir du groupe Los Claxons, de Monterrey. Mais elle fait surtout référence à Yilmer Vivas, batteur vénézuélien, fondateur du Big Band Jazz Simón Bolívar, maintenant membre du cast de Luzia, spectacle de tournée du prestigieux Cirque canadien.

Yilmer, musicien avec qui Séverine créa la fondation SoñArtes qui rapproche l’art et la culture des enfants en situation précaire au Vénézuéla, fut celui qui la poussa à s’engager dans ce projet discographique et se transforma en parfait allié – un producteur versatile – pour le concrétiser. À propos de leur amitié et de leur collaboration artistique, elle ajoute: «  Ce qui nous unit c’est le goût pour la musique sans étiquette, l’envie de faire ce dont on a envie sans entrer dans un cadre fermé. Yilmer est une bombe de créativité en studio ».

Yilmer est aussi le compositeur de la musique de Let’s, la seule chantée en anglais. Les paroles sont de Séverine, qui l’écrivit en se laissant porter par le mood que la musique lui offrait. Celle-ci ouvre le chemin à deux chansons plus expérimentales du disque, qui vont main dans la main. Dans Solitude, entre harmonies vocales, une guitare à contre-courant, une batterie puissante et des cordes, se révèle un son cubain et un fragment de hip-hop. À propos du thème, elle commente: « J’adore être seule, mais des fois la solitude me désespère (rires). Je voulais traduire cette ambiguïté, et Yilmer, grâce à l’arrangement, a réussi exactement à faire passer ce qui se passait dans ma tête ».

Une autre audace a pour nom Né quelque part, une pièce originale de l’auteur-compositeur français Maxime Le Forestier, parue dans son disque à succès du même nom en 1988, avec plus de 600.000 exemplaires vendus. Séverine a choisi ce succès car il a bercé son adolescence, et qu’il transmet un message qui lui tient à coeur. « Le lieu dans lequel nous naissons n’est que coïncidence. il ne définit pas ce que nous devons être ni comment nous comporter avec les autres », explique-t-elle. Sa version est un collage rythmique qui invite à secouer les préjugés dans l’esprit, en commençant par le corps.

Un cuatro vénézuélien, enregistré par le même Yilmer Vivas, surprend quand commence Alas de Cristal, oeuvre de Jorge Daher, auteur-compositeur vénézuélien établi à Mexico. Séverine ne pouvait terminer le disque enregistré à Monterrey pendant une intense semaine de journées de 12 heures, sans se solidariser avec le pays blessé de beaucoup de ses compagnons musicaux. « Il (Jorge Daher) m’a offert cette chanson qui parle de la situation que traverse le pays en ce moment, qui me touche de près car j’y ai beaucoup d’amis, et d’attachement »

Très heureuse de partager avec vous toutes les activités excitantes prévues pendant ce mois de juillet.

D’abord le 18 juillet à midi je donnerai une conférence sur La Voix Dans la Pédagogie Richard Cross. Le rendez-vous est donné à l’École de Musique et Audio G.Martell, à Coyoacan. L’entrée est libre sans nécessité de réservation, je vous y attends.

D’un autre côté, nous sommes déjà en pleins préparatifs du spectacle de lancement de mon disque Voyageuse, le 28 juillet à l’Alliance Française de Polanco.

J’ai la chance de pouvoir compter pour cette date sur trois des musiciens originaux de l’enregistrement du disque: les vénézuéliens Francisco Coco Díaz, mon ami, manager et claviériste (en plus d’avoir fait le mix et le master, bref, un homme indispensable) et Yilmer Vivas, rien de moins que mon producteur, complice artistique, arrangeur et batteur-percussionniste, le super bassiste mexicain Pablo Gonzalez Sarre, toujours prêt pour de nouvelles aventures musicales. Nous rejoindra sur scène le salvadorien Juanjo Gómez, guitariste de grand talent.

C’est avec une grande émotion que je partagerai avec vous mon univers musical et mes histoires, en plus de me lancer dans quelques interprétations de classiques du répertoire vénézuélien.

À bientôt!

Voyageuse

Après beaucoup de travail et de patience, le lancement officiel de Voyageuse, la nouvelle production discographique de Séverine Parent, se fera finalement le 27 juin sur toutes les plateformes digitales.

Voyageuse résume toutes une série d’expériences vécues dans les trois dernières années par Séverine, résultat de nouvelles rencontres, nouveaux contextes et cultures. Les hauts et des bas de la vie. L’excitation de la nouveauté et la peur de la solitude. Le risque et l’aventure.

En toute sincérité et sans filtre, Voyageuse nous montre que chanter c’est raconter des histoires, se dénuder émotionnellement et être vulnérable. Que créer de la musique avec passion procure un plaisir qui se doit d’être partagé. Qu’on ne classe pas la musique dans des cases.

Dans Voyageuse, Séverine mélange sans complexe différents sons et cultures, et une autre manière d’envisager la musique.